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Mobile Culture Studies The Journal
Mobile Culture Studies - The Journal, Volume 3/2017
Page - 146 -
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Page - 146 - in Mobile Culture Studies - The Journal, Volume 3/2017

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146 Mobile Culture Studies. The Journal 3 2017Emanuelle Lenel | Quartier ouvert, quartier fermĂ© infĂ©rieur au prix du marchĂ©. C’est une politique qui fonctionne bien  : plus de 3000 logements ont Ă©tĂ© vendus depuis le lancement de l’instrument, alors que dans le mĂȘme temps le volume de production de nouveaux logements sociaux diminue et ne permet pas de rĂ©pondre Ă  la demande sociale (Van Criekingen, 2013). De plus, si le plafond de revenu permet effectivement aux mĂ©na- ges de la classe moyenne bruxelloise d’accĂ©der Ă  cette offre, il le permet aussi Ă  certains mĂ©nages de la classe supĂ©rieure (Romainville, 2010  ; Verdonck et al., 2011). L’instrument Citydev est d’ailleurs prĂ©sentĂ© explicitement comme un levier pour «  rehausser la qualité  » de ce territoire selon le Ministre du logement (Ecolo) en 2010 (citĂ© par Van Criekingen, 2013). Pour autant, la gentrification n’est pas vĂ©ritablement attestĂ©e dans ce territoire, Ă  l’exception du quartier Dansaert-Saint GĂ©ry (Van Criekingen, 1996), mĂȘme si des marques y sont de plus en plus tangibles (Van Criekingen, 2009) notamment dans le Vieux Molenbeek. Mais dans le quartier Heyvaert, on «  ne trouve pas ou peu de marqueurs traditionnels de la gentrification rĂ©sidentielle ou commerciale en quartier ancien  : absence d’adresses commerciales parĂ©e d’une aura ‘branchĂ©e’, peu de logements rĂ©novĂ©s Ă  destination d’un public nanti
  » (Rosenfeld et Van Criekingen, 2015, 27). Ces quartiers connaissent nĂ©anmoins de profonds bouleversements, notamment sur le plan spatial. La reconfiguration d’ensemble du territoire du canal Ă  laquelle on assiste a d’ailleurs Ă©tĂ© entĂ©rinĂ©e dans le Plan Canal de 2014, qui vise Ă  restructurer un territoire marquĂ© par des «  rup- tures urbaines dures  » en une zone plus homogĂšne, «  cohĂ©rente  »  et mieux insĂ©rĂ©e dans la ville. Cette volontĂ© publique correspond Ă  une vision normative dominante de la ville, selon laquelle les  flux de circulation des personnes doivent ĂȘtre augmentĂ©s et Ă©largis. Cette vision renvoie aux idĂ©aux du «  nouvel esprit du capitalisme  » (Boltanski et Chiapello, 1999) qui a portĂ© la mobilitĂ© des individus, leur capacitĂ© Ă  se dĂ©placer de façon autonome dans l’espace gĂ©ographique, entre les personnes et entre les idĂ©es, Ă  un rang Ă©levĂ© dans la hiĂ©rarchie des valeurs de notre sociĂ©tĂ©. Comme on va le voir, ils sont traduits dans de nouvelles formes d’espaces publics. Selon une vision spatialiste, ces nouveaux espaces et leurs atmosphĂšres sont supposĂ©s influer sur les prati- ques de mobilité  notamment pour «  dĂ©senclaver  » les quartiers de ce territoire : attirer des visi- teurs internationaux ou nationaux, faire sortir des rĂ©sidents qui y seraient trop enracinĂ©s, faci- liter l’accĂšs aux centres  d’activitĂ© et aux nƓuds  modaux du centre historique, inciter Ă  adopter davantage les modes de dĂ©placement piĂ©ton et cycliste, et bien entendu favoriser l’installation rĂ©sidentielle de nouveaux mĂ©nages. L’ambiance du quartier : un analyseur de la mobilitĂ© Ă©prouvĂ©e Cet article ne s’intĂ©resse pas tant aux impacts rĂ©els de ces transformations matĂ©rielles et symbo- liques sur les pratiques de mobilitĂ© des habitants, qu’à leurs effets sur la mobilitĂ© Ă©prouvĂ©e. La notion d’ambiance permet d’opĂ©rer ce dĂ©placement analytique – se dĂ©gager des attendus spa- tialistes pour s’intĂ©resser aux effets produits, Ă©ventuellement non attendus – parce qu’elle Ă©claire des grandeurs non pas extensives (propriĂ©tĂ©s des espaces physiques) mais bien «  intensives  » (propriĂ©tĂ©s des espaces vĂ©cus), comme l’indique Jean-Paul Thibaud (2002). En effet, la thĂ©orie des ambiances est une tentative Ă  la fois conceptuelle et mĂ©thodologique pour apprĂ©hender les interrelations entre espace vĂ©cu, perçu et reprĂ©sentĂ©. Thibaud (2004) dĂ©finit l’ambiance comme la synthĂšse des dimensions physiques, perceptuelles et reprĂ©sentationnelles qui constituent un lieu. Toujours provisoire, cette synthĂšse dĂ©pend des Ă©lĂ©ments physiques rendus saillants Ă  la per-
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Mobile Culture Studies The Journal, Volume 3/2017
Title
Mobile Culture Studies
Subtitle
The Journal
Volume
3/2017
Editor
Karl Franzens University Graz
Location
Graz
Date
2017
Language
German, English
License
CC BY 4.0
Size
21.0 x 29.7 cm
Pages
198
Categories
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