Web-Books
in the Austria-Forum
Austria-Forum
Web-Books
Zeitschriften
Mobile Culture Studies The Journal
Mobile Culture Studies - The Journal, Volume 3/2017
Page - 149 -
  • User
  • Version
    • full version
    • text only version
  • Language
    • Deutsch - German
    • English

Page - 149 - in Mobile Culture Studies - The Journal, Volume 3/2017

Image of the Page - 149 -

Image of the Page - 149 - in Mobile Culture Studies - The Journal, Volume 3/2017

Text of the Page - 149 -

Mobile Culture Studies. The Journal 3 2017 Emanuelle Lenel | Quartier ouvert, quartier fermé 149 «  Après avoir été au cœur des ambitions industrielles de Bruxelles, [le quartier Heyvaert] est devenu un lieu de relégation, mais aussi de mobilités et d’ancrages  » (Van Criekingen et Rosen- feld, 2015, 1). Ce quartier offre en effet des ressources d’ancrage pour les classes populaires, notamment grâce au grand marché des abattoirs, aux nombreux garages et commerces locaux (épiceries africaines, boucheries hallal…) et aux lieux de culte (Chabrol et Rozenholc, 2015). Ces classes sociales présentent ainsi des résistances aux grands projets d’urbanisme qui s’y multipli- ent depuis quelques décennies. Pour certains observateurs, ce sont ces résistances populaires et le commerce des voitures qui expliquent que jusqu’ici, la dynamique de gentrification classique- ment à l’œuvre dans ce genre de quartier n’a pas dépassé un stade embryonnaire (Rosenfeld et Van Criekingen, 2015). Un quartier à intégrer dans la ville Les grands projets d’urbanisme dans le quartier ont d’abord été justifiés par l’importante baisse de la population résidente au cours des deux dernières décennies du 20e siècle. Selon les autorités communales, ce recul est dû aux nuisances environnementales, à l’exploitation commerciale extensive des îlots et à la dégradation générale du bâti liés à l’activité prédominante du com- merce de voitures d’occasion. Au début des années 2000 – c’est-à-dire au moment où l’image de marque du canal commence à être promue par la Région de Bruxelles-Capitale – les autorités pointent ce dépeuplement et la dégradation matérielle du quartier comme des problèmes à résoudre. Quatre CdQ et une vaste opération immobilière menée par Citydev vont alors cibler le quartier pour le repeupler d’habitants (Lenel, 2015). Ainsi, en 2009, une nouvelle population de propriétaires appartenant aux classes moyennes et supérieures s’installe dans les appartements du complexe résidentiel Les Terrasses de l’Ecluse produit par Citydev en bordure de canal, à l’extrême est du quartier, juste à côté de la Porte de Ninove (cf. carte 1). Le profil socio-économique de cette population de 200 personnes est bien plus élevé que celui de la population en place  : les acquéreurs possèdent en majorité un diplôme universitaire  ; ils sont jeunes (36 ans en moyenne), généralement sans enfants et plutôt bien dotés économiquement (22% d’entre eux se placent juste en dessous du plafond de revenus). La part des personnes de nationalité étrangère (11%) est également faible au regard du quartier3. Les raisons du succès de cette opération immobilière sont bien sûr liées aux conditions d’achat très attractives, mais elles tiennent aussi à la localisation du complexe dans un espace du quartier bien connecté à l’extérieur – le bâtiment fait pour une large part face à l’eau –, et surtout à sa proximité géographique avec le centre historique de Bruxelles et le quartier animé Dansaert en particulier, fortement apprécié par ces nouveaux propriétaires. Parallèlement, une maison de quartier et un hall de sports attenants aux Terrasses de l’Ecluse ont été créés pour «  redonner un peu d’espaces publics  » aux habitants dans «  un quartier complè- tement morcelé [et] bouffé par les entrepôts  », selon l’architecte en charge de leur conception. Ces infrastructures collectives au style architectural très contemporain (les façades présentent des volumes, des matériaux comme le béton brut et des formes géométriques contrastant avec le bâti existant) sont bien visibles depuis la Porte de Ninove  : elles devaient aussi témoigner à l’extérieur de la dynamique de rénovation en cours dans le quartier. Ce travail d’ouverture et sur l’image 3 Ces chiffres ont été fournis par Citydev.
back to the  book Mobile Culture Studies - The Journal, Volume 3/2017"
Mobile Culture Studies The Journal, Volume 3/2017
Title
Mobile Culture Studies
Subtitle
The Journal
Volume
3/2017
Editor
Karl Franzens University Graz
Location
Graz
Date
2017
Language
German, English
License
CC BY 4.0
Size
21.0 x 29.7 cm
Pages
198
Categories
Zeitschriften Mobile Culture Studies The Journal
Web-Books
Library
Privacy
Imprint
Austria-Forum
Austria-Forum
Web-Books
Mobile Culture Studies