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Mobile Culture Studies The Journal
Mobile Culture Studies - The Journal, Band 3/2017
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Mobile Culture Studies. The Journal 3 2017 Emanuelle Lenel | Quartier ouvert, quartier fermé 151 Un quartier oppressant Les anciens propriétaires issus de l’immigration marocaine des années 1960 et 1970 qui résident dans les maisons anciennes des ruelles intérieures du quartier où elles voisinent avec les garages, décrivent tous une ambiance caractérisée par des traits forts de fermeture  : ils disent  étouffer dans un quartier dans lequel ils subissent fortement les «  nuisances  » liées au commerce des voitures (Lenel, 2015), et même être envahi par son ambiance singulière. Trois éléments caracté- risent en particulier cette ambiance. «  Leur  » quartier est tout d’abord marqué par des bornes, des limites fortes qui marquent la différence dedans/dehors et même isolent le quartier du reste de la ville. Comme on peut le voir sur les vignettes H06 et H18 ci-dessous, les informateurs de ce groupe ont parcouru le quartier en respectant ses limites historiques  (le canal et la Porte de Ninove), et à aucun moment ils n’ont commenter des zones d’ouverture. Au contraire, ce sont bien des limites qu’ils remarquent et commentent comme le contour d’un quartier «  perdu  », «  oublié  » des autorités et où il ne fait pas bon vivre. La principale limite commentée est celle du canal. En parcourant cette zone- limite, ils ne mentionnent pas les bâtiments neufs et les rénovations, mais bien les «  voitures qui foncent  », le bruit d’un klaxon, un transporteur garé sur le trottoir et qui bloque les piétons, des pavés cassés, des potelets et des barrières endommagés «  qui restent là  » parce que les autorités «  s’en foutent  » du sort des habitants…  Certains notent la présence de barrières qui ne protègent pas suffisamment les enfants des dangers de l’eau  ; d’autres évoquent l’ambiance «  sauvage  » de l’endroit et racontent des faits divers ou des rumeurs sordides  de meurtres, de suicides et d’accidents qui s’y seraient passés. Dans cette partie du parcours, le pas de Mouftar (H06), 58 ans, est franc, décidé, sa vigilance aux obstacles est permanente : «  Vous voyez, là  ? Et là encore  ! Faut faire gaffe ici, les voitures roulent à toute allure  !  » Sur la piste cyclable qui longe le canal, il se remémore en s’énervant un peu l’accident de vélo qu’il a eu quelques mois auparavant, à cause d’une tache d’huile sur un rail glissant  : «  Moi je ne fais plus de vélo maintenant. C’est fini.  » Et puis il emprunte la passerelle qui surmonte le canal comme pour mieux saisir, en la balayant entièrement du regard depuis l’autre rive, cette zone-limite dans laquelle on circule mais sans s’attarder, et pour commenter un «  quartier abandonné au  trafic des bagnoles et au délabrement  ». Pour lui comme pour les autres anciens propriétaires rencontrés, cette zone n’est pas hors du quartier, elle n’est pas non plus un lieu que l’on évite. Certains ont même l’habitude d’emprunter cet axe de circulation avant de bifurquer vers l’intérieur du quartier par l’une des ruelles perpen- diculaires. Mais le trajet est inconfortable  : ils s’y sentent en danger et y trouvent mal leur place comme habitant. De plus, cette zone en bordure du quartier marque une différence nette avec l’extérieur. Ainsi Laïla (H18), 20 ans, note un effet de «  coupure sonore  » (Augoyard, 2004) en y accédant depuis le hall des sports : «  Voilà, tu vois, celui-là [un camion] il était collé à la maison de quartier, on n’entendait rien du tout et là maintenant…  » Dans les ruelles intérieures, ces informateurs décrivent des sensations d’étouffement. Ces résidents qui ont généralement des sphères d’activités peu nombreuses et très locales sortent peu du quartier, en particulier les femmes qui ne travaillent. Celles-ci surtout évoquent une ambiance de marché, de  « marché à la crierie  (sic) » ou de «  marché aux poissons » pour décrire l’animation humaine et sonore intense, un peu chaotique et qui se poursuit toute la journée. Ils et elles décrivent le bruit des transporteurs, des pots d’échappement et des marchandages, les rues encombrées et même obstruées par les voitures, les déchets qui jonchent le sol, les objets
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Mobile Culture Studies The Journal, Band 3/2017
Titel
Mobile Culture Studies
Untertitel
The Journal
Band
3/2017
Herausgeber
Karl Franzens University Graz
Ort
Graz
Datum
2017
Sprache
deutsch, englisch
Lizenz
CC BY 4.0
Abmessungen
21.0 x 29.7 cm
Seiten
198
Kategorien
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