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Mobile Culture Studies The Journal
Mobile Culture Studies - The Journal, Band 3/2017
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152 Mobile Culture Studies. The Journal 3 2017Emanuelle Lenel | Quartier ouvert, quartier fermé abandonnés comme des matelas ou du matériel électroménager et par les travailleurs informels surtout qui effectuent leurs activités à même la rue (réparation, marchandage, installation aux «  carrefours de guet  » (Ronzefeld, 2009) dans l’attente d’une opportunité commerciale). Cette atmosphère est oppressante : elle pénètre leur logement, empiète leur espace intime jusque dans le sommeil, et elle pousse un certain nombre d’entre eux à rester confinés à la maison. Un infor- mateur refusera ainsi de parcourir le quartier : «  Il y a trop de monde aujourd’hui. De toute façon, c’est toujours comme ça, impossible de marcher  ». Enfin, le quartier des anciens propriétaires est marqué par un imaginaire insulaire hérité de l’histoire du quartier, fondé sur une parcelle délimitée par deux cours d’eau  : le canal d’un côté et la Petite Senne de l’autre. Le tracé de cette rivière a défini la limite administrative entre les communes d’Anderlecht et de Molenbeek-Saint-Jean, mais le quartier lui-même s’est développé sur les deux communes après son recouvrement, avec les conséquences que l’on a vues sur le rela- tif isolement par rapport au reste de ces deux territoires communaux. Cette situation territoriale particulière et cette imaginaire insulaire contribue à l’ambiance d’enclavement qu’ils décrivent  : ils disent souvent vivre  sur «  une île  » coupée du reste de la ville, jusqu’à laquelle n’arrive pas toujours le courrier et à laquelle on oublie de faire parvenir les informations communales. Un autre élément de leurs conditions sociales permet de comprendre cette atmosphère d’enfermement  émergeant pour les anciens propriétaires  : ils n’ont pas les moyens économiques de s’en échapper. Car ils souhaitent tous aller vivre ailleurs, quitter ce «  ghetto de bagnoles et de clandestins », cette «  prison  » ou encore cette «  poubelle de l’Afrique  », ce quartier  dans lequel ils ont le sentiment parfois  insupportable d’être littéralement coincés  : «  on est emprisonné  »  (Dani- elle, 50 ans). Les maisons dans lesquelles ils ont investi toutes leurs économies ont très peu de valeur sur le marché immobilier bruxellois. Ils n’ont ainsi aucune perspective de mobilité résidentielle, et cette situation les force tout autant à subir les «  nuisances  » du commerce des voitures qu’à une cohabitation contrainte avec d’autres immigrés plus précarisés qu’eux. Cette situation symbolise d’une certaine façon leur déclassement et cet effet de trajectoire commande des représentations à la fois très pessimistes et très essentialistes de l’espace socio-culturel local (Bourdieu, 1979)  : c’est la mixité ethnique, et non pas la mixité sociale liée à l’arrivée des pro- priétaires des Terrasses de l’Ecluse qui monopolise l’attention de ces informateurs. Elle marque l’ambiance du quartier, comme on a pu le voir, et fait aussi l’objet d’une critique acerbe dans le registre des «  cultures  » inconciliables : « On dirait que c’est le tiers-monde, on n’est pas dans la capitale européenne, désolée. J’es- saye d’expliquer aux invités qui viennent chez moi : Bruxelles, c’est la capitale de l’Europe... [...] C’est comme l’Afrique ! Avec des enfants mal habillés et tout. Comme tu dirais que tu fais un reportage sur la pauvreté, sur l’eau aussi, et bien c’est Heyvaert » (Alima, 48 ans). Un non-quartier, un « point de départ » A l’inverse, l’ambiance du quartier décrit par les nouveaux propriétaires rencontrés est marquée par l’ouverture. Leurs parcours commentés ont plusieurs fois dépassé la limite historique du canal, et ils ont systématiquement été orientés vers la Porte de Ninove plutôt que vers le quartier lui-même, comme on peut le voir sur les vignettes H07, H08, H09 et H12 ci-dessous. Ces choix
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Mobile Culture Studies The Journal, Band 3/2017
Titel
Mobile Culture Studies
Untertitel
The Journal
Band
3/2017
Herausgeber
Karl Franzens University Graz
Ort
Graz
Datum
2017
Sprache
deutsch, englisch
Lizenz
CC BY 4.0
Abmessungen
21.0 x 29.7 cm
Seiten
198
Kategorien
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