Web-Books
im Austria-Forum
Austria-Forum
Web-Books
Zeitschriften
Mobile Culture Studies The Journal
Mobile Culture Studies - The Journal, Band 3/2017
Seite - 154 -
  • Benutzer
  • Version
    • Vollversion
    • Textversion
  • Sprache
    • Deutsch
    • English - Englisch

Seite - 154 - in Mobile Culture Studies - The Journal, Band 3/2017

Bild der Seite - 154 -

Bild der Seite - 154 - in Mobile Culture Studies - The Journal, Band 3/2017

Text der Seite - 154 -

154 Mobile Culture Studies. The Journal 3 2017Emanuelle Lenel | Quartier ouvert, quartier fermé de parcours sont déjà l’indice d’un  quartier vécu qui s’étend bien au-delà des limites historiques du quartier Heyvaert, tandis que celui-ci constitue pour eux un territoire non habité. Juste devant l’entrée de son immeuble, à l’entame d’un parcours qui la conduira vers une librairie du quartier voisin où elle a l’habitude d’acheter le journal, Miek (H08), 37 ans, commente : «  Je ne le considère pas vraiment comme un quartier. Pas encore. En tous cas, je ne l’utilise pas comme... dans le sens classique du quartier. Je suis quand même orientée vers ce côté-là [elle montre la Porte de Ninove].  » Pour elle comme pour les autres nouveaux propriétaires dotés de forts capitaux économiques et symboliques de mobilité et de fortes dispositions à la mobilité métropolitaine, le quartier ne constitue qu’«  un point de départ vers  des quartiers connexes  » dans lesquels ils ont leurs habitudes commerciales, où ils fréquentent des lieux de loisir (un bar de prédilection, une salle de sport, un théâtre, un parc…), dans lesquels ils mettent leurs jeunes enfants à la crèche ou à l’école, et dont ils se sentent proches géographiquement. Mais leur impression de vivre dans un quartier ouvert sur l’extérieur tient aussi à des éléments matériels et sensibles. Cette impression est liée, tout d’abord, à la jonction établie par le petit parc du Triangle qui jouxte leur complexe résidentiel entre le lieu où ils logent et la ville globale. Alors que cet espace était une sorte de terrain vague à leur arrivée, certains d’entre eux y ont fait des plantations, amé- nagés des sentiers, abaissés les hais de clôture, installé un «  jardin-mobile  » et des bacs de plantes, notamment grâce à des subsides communaux. Bref, ils l’ont aménagé en lieu de vie. Tous ces informateurs ont parcouru et commenté de façon détaillée ce petit parc. Ainsi en est-il de Laure (H09), 34 ans. Elle entame son parcours réalisé dans un périmètre extrêmement circonscrit dans le garage souterrain des Terrasses de l’Ecluse. Juste avant de sortir, elle baisse la voix, son visage montre des signes de tension  et elle explique avoir l’habitude de tomber à cet endroit sur des groupes de travailleurs africains qui bloquent l’entrée. A la vue d’un homme urinant dans le parc, elle ajoute très énervée : «  Vous voyez ? Ça, c’est aussi... il y en a qui prenne ce parc pour des toilettes publiques  !  » En passant la porte, Laure croise sans regarder le petit groupe d’africains installés sur le trottoir, traverse la rue et se dirige vers le centre du petit parc. Elle marque un premier temps d’arrêt à cet endroit où elle note les rosiers plantés et les jeux d’enfants, mais sur- tout les détritus qui jonchent le sol. En traversant ensuite le parc en direction de l’Ecluse devant laquelle elle marquera un second temps d’arrêt, elle parle des petites habitudes qu’elle avait prises avec ses enfants au retour de l’école, avant que le parc ne devienne un «  dépotoir  » : ramasser des feuilles,  jouer un peu, regarder les canards… Elle effectue encore quelques pas vers le coin ouest du parc, le plus proche des Terrasses de l’Ecluse, où elle s’arrête pour noter la présence d’un bac de fleur, d’une «  corde de pendu  » et la vue «  affreuse  » du car-wash délabré en arrière-plan. Laure longe ensuite le canal et se dirige vers la Porte de Ninove. Elle marque son dernier temps d’arrêt face à la Porte, pour commenter les difficultés de circulation piétonne et cycliste à cet endroit, le trottoir détérioré et les problèmes de débordement des égouts par temps de pluie. Ce parcours commenté est exemplatif des usages et des perceptions du parc du Triangle par les nouveaux propriétaires. Les longues pauses qu’ils y ont effectués leur ont permis de commen- ter un espace de transition, dans lequel ils se sentent à la fois dans le quartier et en dehors  : c’est pour eux un espace de «  passage obligé  » pour se rendre à leurs activités disséminées dans la ville  ; mais ils décrivent aussi les éléments qui lui donnent « un potentiel de vrai parc » (les jeux, la ver- dure, les arbres…) où l’on peut rencontrer ses voisins, ceux qui vivent dans le même immeuble et les gens du quartier  ; enfin, les éléments décrits sont autant ceux qui rappellent l’ambiance du
zurĂĽck zum  Buch Mobile Culture Studies - The Journal, Band 3/2017"
Mobile Culture Studies The Journal, Band 3/2017
Titel
Mobile Culture Studies
Untertitel
The Journal
Band
3/2017
Herausgeber
Karl Franzens University Graz
Ort
Graz
Datum
2017
Sprache
deutsch, englisch
Lizenz
CC BY 4.0
Abmessungen
21.0 x 29.7 cm
Seiten
198
Kategorien
Zeitschriften Mobile Culture Studies The Journal
Web-Books
Bibliothek
Datenschutz
Impressum
Austria-Forum
Austria-Forum
Web-Books
Mobile Culture Studies